Les 5 erreurs à éviter en communication politique
Des repères concrets pour mieux prendre la parole
Comme élue, prendre la parole demande de la préparation, mais aussi certains réflexes qui s’acquièrent avec le temps. Que ce soit en entrevue, en rencontre citoyenne ou sur les réseaux sociaux, certaines erreurs sont fréquentes, et tout à fait normales.
Voici cinq pièges fréquents et des façons de les éviter
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Se préparer à une entrevue sans tenir compte du contexte
Maîtriser son sujet, c’est essentiel. Mais ce n’est pas suffisant.
Ce qui peut arriver :
On se concentre sur son dossier sans prendre le temps de regarder l’actualité ou les réactions déjà présentes dans l’espace public.
Pourquoi c’est important :
Le contexte influence la façon dont votre message sera reçu. Sans cette vue d’ensemble, il devient plus difficile d’ajuster son intervention.
À garder en tête :
Prendre quelques minutes pour faire une revue de presse permet de mieux comprendre l’environnement et d’intervenir de façon plus stratégique.
S’adresser au journaliste plutôt qu’au public
Lors d’une entrevue, il est naturel de répondre à la personne devant soi.
Ce qui peut arriver :
On adapte son discours au journaliste, en oubliant que le message est destiné aux citoyennes et citoyens, ou on formule son message sans avoir clairement identifié à qui l’on souhaite parler.
Pourquoi c’est important :
Ce sont les citoyennes et les citoyens que vous souhaitez informer, rassurer ou mobiliser. Un message moins bien ciblé peut être plus difficile à comprendre ou à retenir pour le public visé.
À garder en tête :
Identifier son public cible et formuler ses réponses en fonction de celui-ci permet de rendre son message plus clair, accessible et pertinent.
Multiplier les messages sans ligne directrice
Un sujet bien maîtrisé donne souvent envie d’en dire beaucoup.
Ce qui peut arriver :
On aborde plusieurs idées à la fois, sans toujours garder un message principal.
Pourquoi c’est important :
Un message trop chargé peut être difficile à retenir, ce qui mène parfois à un coup d’épée dans l’eau.
À garder en tête :
Se concentrer sur trois messages clés aide à structurer son discours et à en maximiser la clarté et la concision.
Répondre, même lorsqu’on n’a pas toute l’information
La volonté de bien faire peut amener à vouloir répondre rapidement, même lorsqu’on ne dispose pas de tous les éléments pertinents.
Ce qui peut arriver :
On avance une réponse sur un sujet moins maîtrisé, ou on hésite à reconnaître qu’on ne sait pas. Il peut aussi arriver de formuler une réponse à partir d’informations incomplètes, ou en cherchant à dire ce que l’on pense être attendu.
Pourquoi c’est important :
Cela peut mener à devoir corriger ou nuancer ses propos par la suite, ce qui peut diminuer votre crédibilité. À plus long terme, cela peut aussi donner l’impression d’un manque de transparence ou d’un discours qui varie selon les circonstances.
À garder en tête :
Il est préférable de prendre le temps de valider une information avant de répondre. Dire que l’on vérifiera et que l’on reviendra avec une réponse claire est une pratique reconnue et respectée.
Sous-estimer sa présence en ligne… et son impact!
Une part importante de la population, notamment chez les générations Y et Z, s’informe désormais à travers les réseaux sociaux.
Ceux-ci sont aujourd’hui reconnus comme des canaux de communication à part entière, au même titre que les médias traditionnels.
Ce qui peut arriver :
Des commentaires problématiques ne sont pas modérés
Des publications personnelles brouillent la distinction entre la vie privée et le rôle d’élue
Des interactions ou des prises de position spontanées suscitent des réactions négatives ou des controverses
Pourquoi c’est important
Ce que vous publiez, partagez ou commentez en ligne influence directement la perception que les citoyennes et citoyens ont de vous et de votre rôle.
À garder en tête
Adopter une présence en ligne réfléchie et cohérente avec son rôle public contribue à renforcer la crédibilité.
Piège fréquent : s’accorder une note (ou en donner une aux autres)
En entrevue, surtout en période électorale ou après un débat, il arrive que les journalistes posent une question du type :
« Quelle note vous donnez-vous ? » ou « Qui a gagné selon vous ? »
Ce qui peut arriver :
On est tentée de répondre spontanément, de se valoriser ou de commenter la performance des autres candidates et candidats.
Pourquoi c’est un piège :
Ce type de question vous place dans une position délicate. Se donner une note peut paraître peu crédible, tandis qu’évaluer les autres peut être perçu comme partisan ou inutilement critique.
À garder en tête
Il est tout à fait approprié de rediriger la réponse. Par exemple :
« Je vais laisser les analystes et la population en juger. De mon côté, je suis satisfaite d’avoir pu présenter mes propositions. »
À retenir
- Même avec de bonnes intentions, si votre message est mal compris, c’est cette perception qui restera.
- Vous connaissez votre sujet. C’est vous l’experte!
- Concentrez-vous sur vos principaux messages clés et maitrisez-les instinctivement.
- Maitrisez les statistiques sur le bout de vos doigts et n’en abusez pas pour endormir le journaliste.
- Si vous ne vendez pas, personne d’autre ne le fera à votre place.
Trucs de pro
- Avoir lu sa revue de presse et être au courant des dossiers d’actualité
- Avoir vérifié les déclarations du chef ou des collègues avant la rencontre avec les journalistes
- Définir son message avant de se présenter devant les journalistes
- Être en contrôle de son message
- Réfléchir à une phrase courte, claire et percutante que les gens retiendront facilement et que les médias pourraient reprendre
- Porter attention à sa posture (93% de la communication passe par le non verbal)
- Faire preuve d’empathie quand la situation le requiert